| Mémoire
blanche Dans toute semaine, il y a deux jours dont on ne doit pas se soucier. Il faut garder ces deux jours exempts de la peur et de la crainte. Hier est un de ces jours-là. Hier avec sa suite de soucis et d'erreurs. Hier avec ses déboires, ses bévues, ses fautes, ses maux et ses peines. Hier est, à jamais disparu de notre champ d'action. Tout l'or du monde ne peut nous faire revivre hier. Nous ne pouvons défaire le moindre des actes que nous avons posés, ni dédire une seule des paroles prononcées. Hier n'est plus. Quand, à l'autre jour qui doit nous laisser impassibles, c'est demain. Demain, ses fardeaux et ses malheurs toujours possible, ses largesses promises et ses médiocres accomplissements. Demain, lui aussi, est actuellement hors de notre portée. Le soleil de demain se lèvera, c'est certain. Mais, jusqu'à présent, nous ne pouvons rien escompter de demain, car ce jour n'existe pas encore. Il ne nous reste qu'un seul jour, un seul : «aujourd'hui» Et les combats d'un jour, tout homme peut les livrer. C'est seulement lorsque vous et moi réunissons les épreuves de ces deux effroyables éternités, hier et demain, que nous tombons épuisés. Ce qui conduit les hommes à la folie, ce n'est pas la tournure des événements d'aujourd'hui mais le remord, l'amertume qu'hier a laissés ou la peur de ce que demain peut leur réserver. Ne vivons donc qu'un jour à la fois. Merci Jean-Marie pour l'envoie de ce texte. |