| DONNE-TOI LA PERMISSION Dans notre société, ce n'est pas populaire d'être malheureux. Le bonheur est devenu presque une obligation. Et n'est-ce pas que ce bonheur est facile et à la portée de la main, à en juger par la publicité? La souffrance est devenue quelque chose de honteux qu'il faut cacher. Aussi confine-t-on les vieillards dans les hospices et les mourants dans les hôpitaux. On demande aux embaumeurs de faire de «beaux» morts. Peu à peu, on devient allergique à toute souffrance. Soi-même, quand on est triste ou peiné, on craint de déranger ou de se faire juger. Donne-toi le droit d'être triste et malheureux, de pleurer et d'être déprimé pour un temps. Il n'y a rien de honteux là-dedans. Pour l'instant, oublie les voix intérieures qui te disent de ne pas montrer de tristesse ou de ne pas pleurer. Tiens-toi en compagnie de personnes sympathiques qui savent ce que tu vis pour avoir passé par là. Tu vis un état pénible, mais passager. Avec l'appui des autres, permets-toi de le reconnaître et de t'accueillir dans cette situation. C'est le début de ta guérison. Extrait de: "Grandir: Aimer, perdre et grandir" de Jean Monbourquette |