LA SOUFFRANCE T'A RENDU PLUS VIVANT



La souffrance n'est pas bonne en soi, je le répète. Mais constater ses effets positifs, comme de te déloger de ta quétude béate ou de te secouer de ton embourgeoisement.

La vie t'avais choyé jusqu'ici. Tu en avais surtout les douceurs, sans trop en connaître les amertumes. Une certaine léthargie s'était emparé de toi. Puis, ce fut le dur réveil; perdre un être cher. Avec lui, tu perdais en partie ta joie de vivre. Maintenant, ton état de manque peut t'aider à retrouver et à goûter à nouveau les petites joies de la vie.

Prends conscience de ta nouvelle sensibilité aux personnes, aux événements, aux êtres vivants et aux choses.

Le vert des arbres
Le sourire de la compagne de travail
La chaleur de la poignée de main
L'intensité de l'enfant pris à son jeu
La course des nuages dans le ciel
La nostalgie de la pluie
Les bouts de prières qui se disent en toi
Les chansons d'amour heureux et malheureux

Eh oui! La souffrance bien vécue avive les sens, t'ouvre à l'accueil, te fait voir le réel sous un jour nouveau et te facilite la communion avec les autres.

«Heureux les coeurs purs (ou purifiés), ils posséderont le monde»




Extrait de: "Grandir: Aimer, perdre et grandir" de Jean Monbourquette